Combien l'État a-t-il payé de loyer pour la Tour des Finances entre 2005 et 2024 ?
Des questions sur la façon dont votre pays est gouverné et sur la destination de votre argent.
Vous répondez d’abord, ensuite nous montrons les faits : chaque chiffre avec sa source.
Ce n’est ni un discours de gauche ni un discours de droite. Nous ne sommes pas un parti, et nous n’avons pas l’intention d’en créer un. Le problème n’est pas de savoir qui gouverne, mais le système lui-même : votre voix décide qui va s’asseoir à la table, et ensuite cela s’arrête. Alors, qui sommes-nous ?
* Presque personne n’a tout bon, et ce n’est pas de votre faute : c’est à ce point compliqué. En cherchant, nous sommes régulièrement tombés de notre chaise.
Après les questions clés, nous vous demandons si vous voulez continuer · vous pouvez arrêter à tout moment, vos réponses comptent quand même
Ceci n’est pas un examen. Personne ne compte les points ici. Nous voulons simplement vous montrer
quelques choses que vous ne saviez sans doute pas encore, avec la source, pour que vous puissiez vérifier vous-même.
Ce que vous en pensez ensuite ne regarde que vous.
Et non, vous ne recevez ni diplôme ni certificat quand vous avez tout rempli 🙂
Notre Voix n’est pas un parti et n’est financé par aucun parti.
Nous sommes simplement des citoyens qui en ont assez. La politique a perdu le contact avec les gens qui paient son salaire : on déplace des milliards comme s’il s’agissait de son propre argent, sans que personne n’en rende compte.
Le Belge ne descend pas vite dans la rue. Protester en ligne, ça, nous savons faire.
Pas satisfait de la façon dont ce pays est gouverné ?
1.014 millions d'euros. Plus d'un milliard, pour un seul bâtiment. L'État en avait reçu 311 millions d'euros en 2001. Vingt ans de loyer ont donc coûté plus de trois fois ce que la vente avait rapporté. Et la tour ne nous appartient toujours pas.Comment la décision a été prise. Le 17 octobre 2000, le conseil des ministres a décidé de vendre au secteur privé des immeubles de bureaux de l'État. La Cour des comptes s'est penchée sur l'opération et a écrit dans son rapport de 2006 : « À la base de la décision se trouvait manifestement un objectif budgétaire à court terme, à savoir la réalisation de l'équilibre budgétaire. » (notre traduction du néerlandais) Et dans le même paragraphe : « Il ressort de l'examen que la décision politique de vendre une part considérable du patrimoine immobilier de l'État pour ensuite le relouer était insuffisamment étayée. Une évaluation préalable de la décision n'a en effet pas pu être retrouvée. » (notre traduction) Personne n'avait donc calculé si louer reviendrait, à terme, moins cher que rester propriétaire. Au total, 33 bâtiments et 2 terrains sont partis pour 840.718.509 euros.Et puis ceci. En janvier 2020, les propriétaires privés ont revendu cette même tour à un investisseur sud-coréen et à un groupe immobilier londonien, pour plus de 1,2 milliard d'euros. C'est la vente d'un seul bâtiment la plus chère jamais réalisée en Belgique. L'État en avait reçu 311 millions en 2001 et y est toujours locataire ; ce qui rend cette tour si précieuse, c'est précisément le bail de longue durée des pouvoirs publics eux-mêmes.Où cela va. Le bail court jusqu'en 2034. En 2006, la Cour des comptes estimait que l'État paierait 1,136 milliard d'euros de loyer sur trente ans. Après vingt ans, le compteur affichait déjà 1,014 milliard. À la fin du contrat, ce sera plus de 1,8 milliard de loyer seul, plus 115 millions de taxes et de précompte immobilier et 73 millions de premiers travaux d'installation : au total au moins 2 milliards d'euros. Et contrairement à un sale-and-leaseback ordinaire, le contrat ne prévoit aucune option de rachat du bâtiment.Ce que louer coûte aujourd'hui. En 2024, la Régie des Bâtiments a payé 509.845.444 euros de loyers et de taxes, sur 988.301.499 euros de dépenses. Plus de la moitié de son budget part donc en loyers. À signaler honnêtement : ce montant porte sur l'ensemble des 238 sites loués, pas seulement sur les bâtiments de cette opération.À signaler honnêtement. Vendre pour relouer aussitôt n'a en soi rien d'anormal ; des entreprises le font aussi pour libérer des moyens. Le reproche de la Cour des comptes ne porte donc pas sur la technique, mais sur ce qui aurait dû la précéder. Sa recommandation : les pouvoirs publics doivent faire précéder une telle vente d'« une évaluation de qualité, comme une analyse coûts-bénéfices ou une analyse fondée sur plusieurs critères » (notre traduction).